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Un portrait de Comandos à Verapaz

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Le 12 novembre, un blogueur du nom de Roberto Valencia a publié sur son blog Crónicas Guanacas un article racontant comment il a été témoin de nos efforts de récupération à Verapaz après les glissements de terrain et les inondations. Il a écrit ce qui suit..

Jeudi 12 novembre 2009

Le carnaval de Verapaz

Quelques minutes plus tard, Jhonny Ramos, légèrement irrité et sans désigner personne en particulier, s’écrie :

-« Je ne sais pas pourquoi les gens sont ici ! La Police a fermé la route ! »-

Quelques minutes plus tard, il est très en colère et essaie de démarrer une tronçonneuse.

Jhonny, âgé de 38 ans, a la peau foncée et de petites boucles comme celles d’un jeune Michael Jackson. Il porte sa combinaison jaune arborant l’emblème de l’ONG Comandos de Salvamento. Il se trouve devant sa brigade et travaille au carrefour de la Calle 1.a Este et de l’Avenida 2a Norte, dans la zone basse de Verapaz, San Vicente.

Nous sommes lundi après-midi et Verapaz est en pleine effervescence. Tôt dimanche matin, un glissement de terrain composé de rochers et d’arbres a dévalé le flanc du volcan Chichontepec et dévasté ce petit pueblo —dont on entend rarement parler dans les informations, mais aujourd’hui, c’est différent. Même pendant la fête du saint patron de la ville, il n’y a jamais autant de monde qu’aujourd’hui. Seul un petit nombre de personnes est venu aider, notamment Jhonny et sa brigade, ou du moins essayer d’aider. La plupart des gens présents ne sont désormais que des curieux venus de l’extérieur pour voir de leurs propres yeux le malheur des autres. Il y a toutes sortes de voyeurs « Looky Loos » avec leurs appareils photo, téléphones portables et caméras vidéo.

La Policía Nacional Civil a placé du ruban jaune à l’entrée de la plupart des routes inondées. Le ruban porte la mention : POLICE DO NOT CROSS, le même type de ruban que l’on voit sur une scène de meurtre, mais aujourd’hui, c’est encore plus morbide.

À partir du carrefour, des débris projetés sont éparpillés dans toute la ville. La scène est immense, instable et surréaliste. On voit surtout des troncs et des racines d’arbres, mais aussi du métal tordu, d’énormes rochers, des câbles, un poteau électrique, un téléviseur, deux réfrigérateurs vides, un parapluie ouvert et un camion écrasé dont l’un des phares est mystérieusement allumé.

Je me tiens ici depuis une demi-heure et j’en ai vu beaucoup marcher prudemment ou trébucher —des jeunes, des moins jeunes, des soldats, des dames âgées, des adultes, des filles avec des bébés dans les bras, même des secouristes des services d’urgence —de ceux dont on ne sait pas quelle agence ils représentent, ainsi que des membres du ministère de la Santé.. on dirait que les gens se rendent à un carnaval..

Et c’est à ce moment-là que Jhonny, frustré par la tronçonneuse, perd patience, se lève et crie :

« Je ne sais pas pourquoi les gens continuent de traverser ! La Police a barré le passage ! Nous cherchons des corps ici, et chaque personne qui traverse rend la tâche incroyablement difficile !

Personne ne semble comprendre le message. Ils continuent à passer..

cronicasguanacas

 

Photo : Roberto Valencia

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